French English
Tips
  Towards a pain-free
  hospital


  - Our objective
  - Description


  Throughout the
  world


  - In Belgium
  - In Switzerland
  - In Canada
  - In Dem. Rep. Of
    Congo

  - In France
  - In Spain
  - In Italy



  Return to
  campaigns
 
 
 





Présentation du projet

Le nouveau projet des Cliniques Saint-Joseph vise une meilleure prise en charge de la douleur à l'hôpital.

En effet, la douleur constitue le symptôme le plus fréquemment rencontré en médecine. Ce symptôme n'est malheureusement pas toujours pris en considération comme il le devrait, même s`il influence grandement la vie des patients et freine la guérison.

Pire, une douleur aiguë mal soignée peut évoluer en douleur chronique, avec les conséquences que l'on imagine : le patient devenu douloureux chronique perd son autonomie, n'est parfois plus à même de travailler, alourdissant le budget des soins de santé.

On estime que 55 % des personnes hospitalisées (tous services confondus) se plaignent de douleurs. Ce chiffre ne descendra jamais à zéro : on ne saurait éliminer purement et simplement la douleur. Mais des moyens existent pour soulager les patients.

Faire baisser ce pourcentage de patients douloureux, améliorer la prise en charge de la douleur constituent les objectifs de cet ambitieux projet institutionnel.

Ceci suppose un double changement - changement de mentalité et de pratiques - et de nouveaux outils.

Un changement de mentalité

Chez les patients

Ce projet implique de changer la mentalité du public en faisant du patient un partenaire dans la lutte contre la douleur. Les patients n'ont pas toujours conscience que la douleur empêche ou retarde la guérison. Les patients qui ont mal mais qui ont peur de prendre « trop » d'anti-douleurs ne sont pas rares. Et que dire des angoisses provoquées par le mot "morphine", automatiquement associé aux soins palliatifs ou à la mort prochaine.

Les mythes ou idées fausses du public vis-à-vis de la douleur et des anti-douleurs sont nombreuses. Ne citons que quelques-uns d'entre eux :
  • il faut attendre le plus longtemps possible avant de prendre un médicament contre la douleur
  • il existe une façon de soulager la douleur qui convient à tout le monde
  • toute "vraie" douleur a une cause physique identifiable
  • il est ridicule de réveiller un patient pour lui donner un médicament contre la douleur
  • les seniors ont une sensation de douleur qui diminue avec l'âge
  • les jeunes enfants, prématurés et nouveaux-nés, ressentent moins de douleur que l'adulte
  • la morphine constitue le médicament de dernier recours. Son usage doit être évité chez l'adolescent afin de lui éviter le risque de devenir toxicomane.

Cette liste est loin d'être exhaustive et, bien entendu, toutes ces assertions sont fausses.

Une bonne information du patient passera par le dialogue soignant-soigné. Il ne suffit pas de donner une information (brochure, vidéo, ...), encore faut-il s'assurer qu'elle est bien comprise et intégrée dans le schéma de soins du patient.

Mais il convient également d'écouter le patient, lui seul peut parler de sa douleur: la description de sa douleur (intensité, fréquence, localisation, ...) est indispensable et complémentaire à tout examen technique. Longtemps passif abandonné aux mains de la science, le patient retrouve un rôle actif à jouer dans la prise en charge de sa douleur et de son état général.

Chez les acteurs de soins

"-Vous avez mal? Mais c'est normal, vous avez été opéré ce matin". Tout qui a fréquenté l'hôpital de près ou de loin considère cette phrase comme normale. Depuis longtemps, les acteurs de soins (infirmiers et médecins) mais également les patients considèrent cette assertion comme une sorte de fatalité.

La campagne « Vous et nous, ensemble contre la douleur » ébranle cet édifice de certitudes en rappelant aux acteurs de soins et aux patients que la douleur peut être - doit être - traitée pour ce qu'elle est et non être considérée comme un effet secondaire d'un traitement. Cela signifie une remobilisation des acteurs de soins, et cela implique qu'on leur donne de nouvelles armes pour se battre contre la douleur (formations, protocoles, etc - voir infra).

Les acteurs de soins, qui côtoient la douleur des patients depuis toujours et considèrent qu'elle va - en partie - de soi, doivent se remettre en question. Il faut savoir que ni les médecins, ni les infirmiers n'ont reçu dans leur cursus une formation (ni théorique, et encore moins pratique) sur la prise en charge de la douleur. Les rares exceptions sont des cours de soins palliatifs annexes ou autres formations complémentaires.

Chaque acteur de soins est un patient potentiel. Malgré son bagage scientifique et professionnel, il véhicule des mythes par rapport au concept de la douleur et ceci influence sa pratique quotidienne. Par exemple, en cas de maux de tête, le soignant lui-même retardera la prise d’anti-douleur alors qu’il sait qu’une prise rapide et correcte supprimera sa douleur.

Un changement de pratiques

L’écoute et l’information systématiques du patient constituent le premier changement dans la pratique des acteurs de soins. Toutes deux existent et font partie des devoirs des acteurs de soins mais il convient de leur rendre leur place première et de les intégrer dans la prise en charge globale. Ceci implique une remise en question de l’écoute (celle de soi et celle de l’autre) pour envisager le feed-back dans la discussion avec le patient. Dans cet esprit, il est capital de donner la parole au patient qui reste le seul juge de la perception de sa douleur.

Prescrire mieux et non pas plus seulement

Tous les patients ne sont pas égaux devant les médicaments. Le but de la campagne n’est pas simplement d’augmenter la consommation d’antalgiques. Il suffira parfois de changer d’antalgique ou de changer la manière de l’administrer pour obtenir un meilleur résultat.

Prescrire mieux, cela implique :
  • d’évaluer les effets de la thérapie
  • de procurer un soulagement maximal plutôt que d’essayer de rendre la douleur "juste supportable"
  • de prévenir la réapparition de la douleur en administrant les médicaments de façon régulière
  • si indiqués, d’utiliser les opiacés (morphine, ...) sans craindre de dépendance
  • de prévenir les effets secondaires et de les traiter
  • d’utiliser la voie d’administration optimale (per os, sous-cutanée, intra-veineuse, péridurale, ...)
  • d’individualiser la posologie (chacun réagit différemment à la même dose du même médicament)
  • d’évaluer les autres composantes de la douleur (anxiété, dépression, émotion, antécédents du patient, ...)

Penser aux moyens physiques et psychologiques constitue aussi un changement dans la pratique des acteurs de soins.

En plus de la prise en charge médicamenteuse, les acteurs de soins disposent de moyens complémentaires pour soulager le patient. La plupart d’entre eux sont des outils à la portée de tous, et peuvent donc être intégrés dans la pratique quotidienne à l’hôpital. D’autres devront faire appel à un spécialiste.
  • approche cognitivo-comportementale: information, écoute, relaxation, hypnose, musique, environnement, distraction ...
  • stimulation thermique: chaud, froid
  • massage
  • école du dos
  • acupuncture

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive. Toute initiative du patient et des soignants est la bienvenue si elle s’intègre dans le plan de soins.

Les nouveaux outils

Comme pour tout projet institutionnel, il convient de faire les choses dans l’ordre, afin de ne pas se laisser dépasser.

Après avoir informé l’ensemble du personnel et des médecins, la campagne s’est axée sur l’information des patients. La deuxième phase concerne la formation des acteurs de soins. Par la suite, les soignants munis de leur nouveau bagage pourront déceler les besoins de leur service et mettre en oeuvre des nouvelles pratiques pour y remédier.

L’information du patient passe bien entendu par le dialogue. Pour sensibiliser le public, nous avons mis au point:
  • des affiches, qui vont évoluer au fil de la campagne
  • des dépliants.

La prise en charge de la douleur comme un cours à part entière ne fait pas partie du cursus ni des infirmiers, ni des médecins en Belgique. Pour pallier à ce manquement, les formations constituent la deuxième étape du projet:
  • formation des infirmières à la prise en charge de la douleur (82 personnes en un an): concept douleur-souffrance, bases neurophysiologiques, composantes de la douleur, types de douleur, évaluation, traitement pharmacologique, méthodes non-pharmacologiques, douleurs spécifiques, rôle de l’infirmière... Ce module de cinq journées est adressé dans un premier temps à toutes les infirmières-chefs et à une infirmière par service qui assurera le relais dans son unité de soins. A terme, notre objectif est de former la majeure partie du personnel soignant
  • formation des médecins: sensibilisation des assistants, formation et étude de cas par type de spécialités...

Les outils institutionnels et projets par services découlent des deux premières étapes :
  • le guide thérapeutique constitue un résumé des prises en charge (pharmacologiques et non- pharmacologiques) de la douleur. Il sert de référence aux acteurs de soins
  • la réglette EVA (Echelle Visuelle Analogique) permet l'évaluation de l'intensité de la douleur. Cette réglette (ou tout autre outil du même type) verra son utilisation généralisée à l'ensemble des acteurs de soins, afin de consigner le paramètre douleur sur la feuille de soins, au même titre que la température, la pression artérielle, ...
  • à titre indicatif, certains services ont déjà mis en oeuvre des projets particuliers. Par exemple, l'utilisation du MEOPA s'est généralisée en hôpital de jour pédiatrique pour des actes douloureux tels que les ponctions lombaires, ponctions de moelle, mise en place de certains cathéters... Le MEOPA est un mélange 50/50 d'oxygène et de protoxyde d'azote. Ce gaz agit comme un anxiolytique, euphorisant et a un effet antalgique de surface. Il est sans danger pour l'enfant. L'efficacité du gaz est renforcée par la participation active de l'enfant (auto-administration) et par les rituels ludiques intégrés dans l'administration du produit.

En dehors de l'hôpital

Le changement des pratiques quotidiennes débouchera à terme sur un volet "prévention". Ceci suppose une relation soignant-soigné optimale et une collaboration entre l'hôpital et les médecins traitants, les infirmières à domicile, les maisons de repos du groupe hospitalier, afin d'assurer la continuité de la prise en charge de la douleur une fois que le patient rentre chez lui.

Des premiers contacts ont été pris et les projets de collaboration avec les médecins de famille et les infirmières à domicile sont en cours.

La prévention doit cibler tout type de douleur: une douleur aiguë mal prise en charge peut évoluer vers la chronicité. Comme le dit l'adage, mieux vaut prévenir que guérir.

En Belgique, aucune enquête axée sur la prévention et le coût de la douleur n'a été réalisée. D'après les études aux Pays-Bas, Grande Bretagne et Etats-Unis, il semblerait que la douleur chronique pèse à elle seule financièrement plus lourd que les maladies cardio-vasculaires et le cancer réunis.

 
 
Dernière mise à jour : 01-01-2006
  © 2006 PS CONSULTING