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Vivre avec le cancer sans douleur, c'est possible
Une campagne parrainée par le Comité du Rhône de la Ligue Nationale contre le Cancer





Description de la campagne

La douleur constitue l'un des symptômes majeurs chez 40% des patients cancéreux au stade intermédiaire de la maladie, 80% au stade terminal. Pourtant de nombreux traitements sont capables de les soulager et de leur assurer une meilleure qualité de vie.

C'est à la suite d'une rencontre avec le Pr Charles-Henri Rapin, titulaire de la Chaire « Éthique et Fin de Vie » de l'Université Claude-Bernard-Lyon 1, qu'a émergé l'idée d'adapter une initiative qu'il avait précédemment engagée avec la Ligue Suisse contre le Cancer.

Les conclusions de cette expérience prouvaient que l'évolution des pratiques en matière de soulagement de la douleur passait par une information simultanée du public et des médecins.

La campagne « Vivre avec le cancer sans douleur, c'est possible » illustre bien l'une des missions de la Ligue, l'Aide aux malades qu'elle considère, bien que plus confidentielle que les deux autres, l'Aide à la recherche et la Prévention, comme prioritaire.

Plus largement, cette action s'insère très concrètement dans un mouvement qui prend forme en 1994, la France accusant jusqu'alors, un retard certain dans la prise en charge de la douleur.

Afin de s'assurer la collaboration de médecins référents et d'élargir la portée du projet, les responsables de la Ligue du Rhône et de la Chaire « Éthique et Fin de Vie » ont réuni des spécialistes lyonnais intervenant dans les consultations de la douleur, dans des services accueillant des patients cancéreux, ou en médecine de ville.

La plupart des personnes contactées ont adhéré au projet et un groupe de travail pluridisciplinaire associant 32 personnes a pu être constitué.

Pour atteindre l'objectif fixé, il s'agissait d'informer les patients de la nécessité de parler de leur douleur à leur médecin et les professionnels sur une meilleure utilisation des méthodes connues de soulagement en tenant compte des recherches cliniques les plus récentes.

Il importait également de démythifier les craintes liées à l'usage des analgésiques et singulièrement de la morphine. Le message était destiné à encourager chacun à interroger sa pratique en vue d'améliorer ses connaissances et privilégier une attitude thérapeutique favorisant un traitement adéquat de la douleur des patients.

Le groupe de travail chargé d'adapter les documents suisses aux pratiques médicales françaises a élaboré deux dépliants, l'un « grand public », le second réservé aux professionnels (schéma de traitement antalgique).

Le premier encourageait les patients à devenir des partenaires efficaces de l'équipe de soins lors du séjour à l'hôpital ou de leur médecin de ville, en les invitant à décrire clairement et à évaluer leur douleur. Cette brochure a été distribuée dans les 620 pharmacies du Rhône, par les organismes répartiteurs.

Parallèlement, un mailing était adressé aux 6500 praticiens du département, contenant :
  • un « schéma de traitement antalgique » à l'usage des professionnels de santé
  • une affichette destinée à être apposée dans les cabinets médicaux ou services hospitaliers
  • et le dépliant « grand public »

La promotion et la diffusion de ces documents ont été assurées dans des conditions optimales grâce au concours de la Chambre Syndicale des Pharmaciens et de l'Ordre des Médecins du Rhône.

L'évaluation de cette campagne souligne que l'information - sur la douleur et son soulagement - ne fait pas peur : il n'y a pas eu d'effet « négatif » de la campagne.

Le « test » le plus probant de l'efficacité de cette campagne est précisément révélé par l'analyse de l'évolution des quantités d'antalgiques vendus au cours de la période Avril-Décembre 1995 et plus particulièrement les données recueillies pour l'indicateur qui demeure le plus pertinent pour l'Organisation Mondiale de la Santé, la consommation de morphine. Celle-ci double dans les deux mois qui suivent le lancement de la campagne (mai-juin); mais surtout, l'on relève l'importante progression de la forme 100 mg qui nous paraît traduire le renoncement à la morphine « alibi » (faible dosage) et correspondre à l'adoption d'une posologie efficace dans le traitement de la douleur.

Une deuxième approche évaluative, par questionnaire, a été conduite auprès des pharmaciens du département. Ce questionnaire construit à partir d'une étude de 1991, réalisée en Caroline du Nord (USA), précise les connaissances, les attitudes et les croyances relatives à l'utilisation d'antalgiques dans la prise en charge de la douleur cancéreuse.

L'enquête réalisée auprès d'un échantillon de 380 pharmaciens représentatifs des 600 pharmaciens du département a reçu 51 réponses, soit 13,5 % de l'ensemble des officines du département. Il n'est donc pas possible de tirer de conclusions représentatives mais de tracer, simplement, une perspective générale, appuyée sur des comparaisons avec l'étude américaine.

Si 73% des pharmacies de l'échantillon ont reçu le matériel, 27% disent ne pas l'avoir eu, ce qui soulève tant la question du relais par les organismes répartiteurs, que celle d'un « tri » éventuel dans la masse de documents adressés aux officines.

On constate qu'un tiers (33%) des officines disposant du matériel ne l'ont pas proposé au public soit qu'il s'agisse d'une pratique générale pour tout « tract », d'une « perte de temps » ou, au contraire, qu'elles ne diffusent que des publicités...

L'appréciation de l'impact (question 3) est positive sur les pharmaciens (45% de oui) et sur le public (41%) mais 43% de non réponse sur l'écho auprès des médecins démontrent l'absence de relation entre pharmaciens et médecins.

En revanche, moins de la moitié (47%) des pharmaciens constate un changement de la prescription des morphiniques. Ce changement est majoritairement (50% des réponses positives) une augmentation de la prescription, l'utilisation de dosages plus forts (27%), une meilleure adaptation des doses (23%). Et cette appréciation apparaît nettement puisqu'ils sont 49% à constater un progrès contre 47% à n'en percevoir aucun.

Enfin, l'identification des barrières est largement comparable à l'étude américaine : il s'agit d'abord de l'attitude conservatrice des médecins, de la peur de la dépendance, des effets secondaires ou l'inquiétude des proches. L'attitude des infirmières arrive en deuxième position comme « barrière » aux États-Unis tandis qu'elle est classée en neuvième position ici. Et c'est l'excès de réglementation qui arrive en deuxième position par ordre d'importance des « barrières ».

La peur de vols de morphiniques ou la crainte d'être trompé par un toxicomane constituent les obstacles les moins importants.

L'extension de cette campagne, à l'échelon régional, vient valider les enseignements de cette phase d'évaluation. En effet, grâce au soutien de l'Institut UPSA de la Douleur, les comités départementaux de la Ligue en Rhône-Alpes s'engagent, en 1997, dans ce mouvement.

Elle se prolonge à des actions reposant sur la même démarche, au-delà de la pathologie cancer, en milieu hospitalier pour les douleurs postopératoires et l'ensemble des pathologies chroniques. Et favorise, ainsi, un dialogue « ville/hôpital ».





Pour obtenir des informations

Monsieur Georges HÉRAULT
ou Madame Nicole MUNTZER
Comité du Rhône
Ligue Nationale contre le Cancer
86 bis, rue de Sèze
69006 Lyon
France

Téléphone : (33) 4 78.24.14.74
Télécopieur : (33) 4 78.52.68.69


Ou avec :

Monsieur Jean-Luc Estournel, socio-économiste
Chaire Éthique et Fin de Vie
ECLS
Palais de la Mutualité - 69003 Lyon
France

Téléphone : (33) 4 72 91 42 25
Télécopieur : (33) 4 72 91 42 25


 
 
Dernière mise à jour : 24-05-2004
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