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Dans le monde
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Objectif de la campagne
Le soulagement adéquat de la douleur des malades en général et des patients hospitalisés en particulier est
actuellement à l’ordre du jour dans de nombreuses institutions. Certes, les soignants ont de tous temps essayé de
soulager la douleur de leurs patients, y compris par l’usage des morphiniques et des drogues apparentées.
Force est néanmoins de constater que des progrès restent encore à faire. Des études récentes ont permis de mettre en
évidence que la situation a peu évolué en ce qui concerne le soulagement des cinq grands types de douleurs
(accouchements, postopératoires, chroniques, cancéreuse, aiguës).
En effet, selon de nombreux rapports de l'O.M.S., seulement 40 à 50% des patients hospitalisés se déclarent
adéquatement soulagés et ce malgré l'acquisition de nouvelles approches thérapeutiques qui devraient permettre
un soulagement dans une proportion de 90 à 95% des cas.
On peut citer comme exemple le fait que la douleur des enfants est reconnue depuis peu et en particulier
celle des tout-petits. Un article de KJS Anand, publié en 1987, fait état du fait que 70% des prématurés opérés
le sont sous simple sédation et sans véritable anesthésie.
Il en est de même pour les malades âgés pour qui on considère, souvent à tort, qu'ils ressentent moins la
douleur ce qui entraîne un traitement insuffisant chez ces derniers. Dans la dernière année de vie, les vieillards
ont des douleurs souvent mal soulagées. Il en va de même des douleurs provoquées par des investigations et des traitements.
Il arrive que des patients refusent la poursuite d'un traitement ou n'osent parler de leur douleur de peur de
subir de nouvelles investigations. Des méthodes modernes, telles que celles permettant au patient de contrôler lui-même
son antalgie en postopératoire (PCA) ou aux soignants d'effectuer des injections sans douleur (pâte Emla), devraient être
beaucoup plus largement répandue.
Malgré des améliorations sensibles notamment dans le maniement des antalgiques et dans la prise en compte de
la dimension relationnelle avec le patient douloureux ou le patient en fin de vie, le résultat reste en général
assez stationnaire.
Cet état de fait peut être expliqué par plusieurs raisons :
- la vision encore répandue que la douleur est un phénomène naturel et qu'elle aurait même des valeurs rédemptrices, voire expiatoires
- la réticence de certains soignants, qu'ils soient médicaux ou paramédicaux, devant une prise en charge qui remet en question le pouvoir du soignant dans sa faculté d'appréciation des « besoins » du patient
- les différents niveaux de formation des soignants à l'intérieur de l'hôpital et la difficulté de mener des actions globalisées de formation
- le manque de systématisation dans l'approche thérapeutique et l'utilisation des antalgiques
- le renouvellement et le turn-over rapide de ces mêmes soignants ce qui oblige à des redites constantes
- le fait que ce problème est en général géré au niveau de l'interface assistant - personnel soignant
Une action concrète pour faire face à cette problématique a débuté en 1992 à l'hôpital Saint-Luc de Montréal
sous l'égide de l'OMS. Elle s'est depuis propagée à Genève, dans la région Rhône-Alpes en France et essaime
actuellement vers le nord de la France et l'Espagne. Plus récemment des actions sont également entreprises dans
les pays anglo-saxons.
Les actions concrètes qui ont été menées dans ces institutions ont généralement comporté les éléments suivants :
- une évaluation de départ de la concordance entre la douleur telle que ressentie par le patient et la perception qu'en a le personnel soignant (enquête auprès des patients hospitalisés et du personnel soignant des unités de soins)
- mesure au niveau de la pharmacie hospitalière de la consommation annuelle d'antalgiques et ventilation de cette consommation entre les divers types d'antalgiques et les divers services
- campagne de sensibilisation (kiosque, affiches, dépliants) auprès des patients, l'entourage des patients et tous les intervenants soignants de l'hôpital. Cette campagne « Vers un hôpital sans douleur » s'effectue avec un certain retentissement médiatique (presse locale, etc.)
- application du schéma de traitement antalgique de l'O.M.S.
- partenaires de l'action : services médicaux volontaires, département infirmier, administration, etc.
- nouvelle évaluation après 3 mois d'action
- durée totale de la campagne : 3 mois
Organisation de la campagne
1. Évaluation aux jours 0 et 90
Cette évaluation est simple et est effectuée par des élèves infirmières sous la supervision de la direction du
nursing (La réalisation de l'enquête par des élèves infirmières est bien acceptée par le personnel soignant). Elle consiste
à rencontrer tous les patients des services médicaux volontaires et à leur poser les questions suivantes :
1.1. Au moment où je vous parle, avez-vous mal ?
1.2. Si oui, pouvez vous me dire « combien » vous avez mal (présentation de la réglette ou échelle visuelle analogique calibrée de 1 à 10)
2. Après la visite des malades du service, l'équipe soignante est approchée avec les questions suivantes :
2.1. Au moment où je l'ai vu, pensez-vous que ce patient avait mal ?
2.2. Si oui, présentation de l'échelle visuelle
2.3. Prise d'antalgiques ? Lequel ?
2.4. Situation :
2.4.1. Postopératoire ? Date d'intervention ?
2.4.2. Cancer ?
2.4.3. Autre ?
3. Comparaison des résultats obtenus
4. Évaluation de la consommation d'antalgiques du service selon le type (voir classification de l'O.M.S. ci-dessous)
Schéma de traitement antalgique de l'O.M.S.
1. Antalgiques non-morphiniques
1.1. Paracétamol : 2-4gr./jour (ex : 500 mg/4 h.) ex. : Dafalgan, Dolprone, Lonarid, Panadol, Perdolan, Yamalen
1.2. Acide acétylsalicylique : 2-3 gr/jour
1.3. Diclofenac : 150-200 mg./jour - Voltaren
1.4. Ibuprophène : 1200-1800 mg./jour - Brufen
2. Opiacés faibles, seuls ou en association
2.1. Codéine : 30-135 mg./jour ou dextropropoxyphène (Dépronal) +/- antalgique du palier 1 (Dafalgan codéine, Perdolan duo, Contramal)
3. Opiacés
3.1. Opiacés agonistes - antagonistes ( ! ne peuvent être associés à la morphine) ex. : buprénorphine - Temgesic
3.2. Solution de morphine orale
Pic d'action 1 heure - Durée d'action 4-6 heures
Dose initiale : 10 mg./4 heures (à réduire à 5 mg si état général très altéré)
Adapter les doses par paliers de 30% pour obtenir analgésie satisfaisante
Exemple de formule : chlorhydrate de morphine 1 mg/ml ; sirop simple 75 ml ; alcool à 95+ 15 ml ; eau distillée q.s.p. 250 ml (10 mg. = 2 cuillères à café) une fois les douleurs contrôlées
3.3. Morphines de longue durée d'action (comp. ou gélules à libération prolongée) MS Contin
(les microgranules contenus dans les gélules peuvent être administrées directement dans une sonde gastrique adaptée) - 1 dose par 12 heures - augmenter par paliers de 30% si dose insuffisante
3.4. Morphine par voie parentérale (sous-cutanée toutes les 4 heures) - 30-50% de la dose orale
4. Mesures associées
4.1. Laxatifs : indispensables contre la constipation secondaire aux opiacés
(ex. : association de laxatifs émollients et stimulants). Mucilages contre-indiqués
4.2. Anti-émétiques : métoclopramide (ex. : 40 mg./jour) - Primpéran ; halopéridol (ex. : 1.5 - 3 mg./jour) - Haldol
Organisation de la campagne
1. Réunion d'un groupe de travail
1.1. Composition
1.1.1. Coordination : Dr Patrick Rutten, Claude Colle
1.1.2. Au niveau infirmier : Christiane Belche, Christiane Goffin, L-Marie Jadoul, Viviane Chardome, R. Lassence, N. Courtois
1.1.3. Au niveau médical : Dr. Ferrant, Dr. Magotteaux, Dr. Gerard F., Dr. M-L Herman + un médecin des services suivants : gynécologie, médecine interne, pédiatrie
1.2. Mission
1.2.1. Appel pour des services volontaires à participer à la campagne
1.2.2. Organisation de la campagne
1.2.3. Examen du schéma antalgique de l'O.M.S. et ( ?) adaptation éventuelle de celui-ci
2. Évaluation et diffusion de l'information au sein des services
2.1. J0 : semaine du 10 janvier
2.2. Récolte et analyse des résultats de l'évaluation
2.3. Distribution des résultats ainsi que le profil de consommation d'antalgiques au services
2.4. Organisation d'une réunion d'information au sein de chaque service et explication du schéma antalgique
2.5. Inclusion de la mesure de la douleur (EVA) dans les signes vitaux du patient et application du schéma antalgique
3. Campagne destinée au public
3.1. Confection d'un dépliant d'information
3.2. Distribution de celui-ci aux patients, les familles et au personnel de l'hôpital (Kiosque dans le hall d'entrée de l'hôpital)
3.3. Organisation d'une petite conférence de presse mars 1998
4. Nouvelle évaluation en fin de campagne à J90 (fin mars 1998)
Pour obtenir des informations
Dr Patrick RUTTEN (Direction médicale)
ou communiquer avec :
Monsieur Claude COLLE (Cadre infirmier)
Centre Hospitalier de l'Ardenne
Avenue d'Houffalize
B-6800 LIBRAMONT
Belgique
Téléphone : (32) 61 238.111
Télécopieur : (32) 61 238.540
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Dernière mise à jour : 24-05-2004
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